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Chef de file dans la lutte contre le mariage des enfants, le Canada peut encore faire plus

Mabel van Oranje and Archbishop Tutu visit Zambia. Photo credit: Francois D'Elbee | Girls Not Brides

Ce blogue a été initialement publié sur le Toronto Star le 21 novembre 2014.

Vendredi dernier, grâce au leadership du gouvernement du Canada et de son partenaire la Zambie, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution historique sur les mariages d'enfants, précoces et forcés. La résolution nous oblige à prendre le mariage des enfants au sérieux, en le reconnaissant comme un problème mondial qui sape nos efforts pour réduire la pauvreté et construire un monde plus égalitaire.

Chacune des 15 millions de filles qui se marient chaque année comme enfants a une histoire qui vous touche le cœur. En Zambie, j'ai récemment rencontré Chi-Chi qui avait 15 ans lorsque son père l'a mariée en échange d'une dot. Son mariage n'était pas heureux. Elle a abandonné l'école, a été battue par son mari et est devenue mère avant d'être prête.

Si les filles naissent dans la pauvreté, le mariage précoce est le meilleur moyen de les y maintenir. Les filles mariées de moins de 18 ans sont les moins susceptibles de recevoir des soins médicaux et celles de moins de 15 ans sont cinq fois plus susceptibles de mourir des complications de la grossesse et de l'accouchement que les femmes au début de la vingtaine.

Si les filles naissent dans la pauvreté, le mariage précoce est le meilleur moyen de les y maintenir.

En tant que chef de file mondial des droits de la personne depuis de nombreuses décennies, le soutien actif du Canada pour mettre fin au mariage des enfants est chaleureusement accueilli. Ce n'est qu'au cours des dernières années que l'ampleur et les répercussions du mariage des enfants se sont infiltrées dans les débats sur le développement international et les droits de la personne - et le Canada a joué un rôle essentiel. J'espère que le Canada continuera d'exercer un leadership pour veiller à ce qu'une cible visant à mettre fin au mariage des enfants soit incluse dans les nouveaux objectifs de développement mondiaux pour l'après-2015.

Mais il reste encore beaucoup à faire si nous voulons égaler l’ampleur du mariage des enfants. Le Canada a pris des engagements impressionnants pour améliorer la santé maternelle et infantile dans le monde et pour faire en sorte que plus d'enfants puissent fréquenter et terminer l'école. J'exhorte le gouvernement à intégrer le mariage des enfants dans tout ce travail car, avouons-le, comment allons-nous nous assurer que chaque enfant peut terminer l'école alors que tant de filles abandonnent pour se marier? Comment allons-nous réduire les décès maternels alors que tant d'enfants accouchent comme enfants?

Nous devons également faire plus pour soutenir les groupes de base qui font une différence dans la vie des filles. Girls Not Brides est un partenariat mondial d'organisations de la société civile, dont beaucoup travaillent en étroite collaboration avec des communautés où le mariage des enfants est courant. Ils travaillent dans des conditions éprouvantes et avec peu de ressources, mais les relations qu'ils entretiennent sont inestimables. Ce sont eux qui susciteront les conversations qui aideront les familles et les communautés à voir que le mariage des enfants n'est pas la meilleure option pour leurs filles.

Nous devons également faire plus pour soutenir les groupes de base qui font une différence dans la vie des filles.

Il y a également un travail important à faire pour aider les filles à envisager un avenir radieux. Dans le cas de Chi-Chi, elle a pu assister à un groupe local d'autonomisation des filles dirigé par YWCA Zambia, une organisation membre de Girls Not Brides . Grâce à leur soutien, Chi-Chi a appris qu'elle avait des droits et qu'elle avait des choix. Elle est devenue déterminée à reprendre l'école. Elle a travaillé pour payer ses frais de scolarité et a rapidement divorcé de son mari. Chi-Chi se prépare maintenant à rejoindre l'Université de Zambie.

Les résolutions mondiales démontrent l'engagement des gouvernements à faire face à des problèmes comme le mariage des enfants. Mais l'adoption d'une résolution de l'ONU ne signifie pas que le mariage des enfants prendra fin du jour au lendemain. J'encourage le Canada à égaler son leadership sur la scène mondiale avec plus de financement et des programmes à grande échelle, car nous ne mettrons pas fin à un problème aussi grave que le mariage des enfants si nous ne sommes pas ambitieux et n'intensifions pas nos efforts pour atteindre chaque fille. .

J'encourage le Canada à égaler son leadership sur la scène mondiale avec plus de financement et des programmes à grande échelle, car nous ne mettrons pas fin à un problème aussi grave que le mariage des enfants si nous ne sommes pas ambitieux et n'intensifions pas nos efforts pour atteindre chaque fille. .

Mettre fin au mariage des enfants n'est pas seulement une obligation morale, c'est aussi un développement intelligent. Pourtant, ce n'est pas un défi qui peut être relevé dans des cycles de financement de deux à trois ans. Changer les normes sociales prend du temps. J'espère sincèrement que toutes les parties au Canada s'engageront à lutter contre le mariage des enfants à long terme et à permettre à davantage de filles comme Chi-Chi de s'épanouir.