5 avancées vers la fin du mariage des enfants réalisées en 2016

Child Bride Sajita Tamang (right), aged 17 now, photographed with other girl brides at a health centre in Daman Town, Makawanphur District, Nepal, Thursday 21 April, 2016. Sajita was married at 14 and is now separated from her abusive husband and has a 17 month old baby. | Photo credit: Jane Mingay/Girls Not Brides

2016 fut une année riche en évènements. Jetons un coup d’œil sur les avancées réalisées vers la fin du mariage des enfants ces 12 derniers mois.

1/ Des engagements mondiaux pour mettre fin au mariage des enfants ont été pris ou renouvelés

  • En mars 2016, l’UNICEF et le FNUAP ont lancé un Programme mondial pour accélérer l’action contre le mariage des enfants dans 12 pays ayant des taux de prévalence élevés. Le programme apportera un soutien sur quatre ans à plus de 2,5 millions d’adolescentes qui sont à risque d’être mariées ou qui le sont déjà.
  • Une centaine de jeunes activistes à travers 22 pays ont adopté la Déclaration de Melaka pour la fin du mariage des enfants en juin dernier, mettant en avant le rôle critique que jouent les jeunes dans ces efforts.
  • En novembre, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution sur les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés. La résolution a été présentée par le Canada et la Zambie, et soutenue par 108 pays. Elle vise à augmenter le soutien mondial pour la réalisation de la cible 5.3 des Objectifs de développement durable (ODD) qui vise à mettre fin au mariage des enfants d’ici à 2030.
  • En novembre, la Francophonie a également adopté une résolution sur les mariages d’enfants, les mariages précoces et forcés.

2/ Un regain d’attention sur la question du mariage des enfants à l’échelle régionale

  • En 2016, sept pays ont lancé la Campagne de l’Union africaine pour la fin du mariage des enfants : le Ghana, l’Erythrée, la Gambie, le Sénégal, la Sierra Leone, le Cameroun et le Nigéria. Au total, 17 pays ont lancé la campagne depuis son lancement en 2014.
  • En juin, la Communauté de développement de l’Afrique australe a adopté la toute première loi type pour l’éradication du mariage des enfants et la protection des enfants déjà mariés. La loi requiert la révision et l’harmonisation des lois nationales pour prévenir le mariage des enfants. Inspiré par ce développement, la Communauté de l’Afrique de l’Est prévoit de développer une loi régionale sur les droits et la santé reproductive et sexuelle, qui mettra notamment l’accent sur le mariage des enfants.
  • En septembre, l’Initiative de l’Asie du Sud pour mettre fin à la violence contre les enfants (en anglais, SAIEVAC) a organisé une conférence régionale au Népal sur l’utilisation de la loi pour promouvoir la redevabilité des gouvernements par rapport aux engagements pris pour mettre fin au mariage des enfants en Asie du sud.
  • En décembre, l’Organisation des Etats américains (OAS) a tenu sa première réunion sur le mariage des enfants. La réunion a mis en avant une pratique bien souvent ignorée en Amérique latine, le seul continent dont les taux de mariages d’enfants n’ont pas diminué ces trente dernières années.

3/ Des stratégies nationales visant à mettre fin au mariage des enfants ont été adoptées par plusieurs pays à forts taux de prévalence…

  • En mars, la Zambie a adopté un plan d’action national sur cinq ans pour mettre fin au mariage des enfants. La société civile zambienne, y compris le Réseau zambien pour la fin du mariage des enfants, a activement contribué au développement de la stratégie.
  • En avril, le Mozambique a lancé la stratégie nationale de prévention et de lutte contre le mariage des enfants. Le document en huit axes a été développé en partenariat avec Filles, Pas Epouses Mozambique suite à des consultations avec les communautés et les filles à travers le pays.
  • En juin, le Tchad a lancé une feuille de route pour la fin du mariage des enfants et des mutilations génitales féminines.

… ainsi que par des pays donateurs.

  • En mars, les Etats-Unis ont publié une stratégie mondiale pour l’autonomisation des adolescentes. La stratégie était issue d’un processus interinstitutionnel visant à améliorer la vie des adolescentes dans le monde entier, tant au niveau de leurs droits à la santé et à l’éducation qu’à leur droit de choisir si, quand et avec qui se marier.

4/ Une multitude de pays ont renforcé leurs lois et leurs politiques pour mettre fin au mariage des enfants

  • En janvier, deux filles-épouses du Zimbabwe ont remporté une victoire historique lorsque la Cour Suprême du pays a fait du mariage des enfants une pratique illégale et inconstitutionnelle.
  • Durant l’été, le président de la Gambie a annoncé une interdiction immédiate du mariage des enfants. Le parlement a par la suite relevé l’âge minimum légal du mariage et renforcé les sanctions contre ceux qui participent ou facilitent le mariage d’un enfant.
  • En juillet, la Haute Cour de la Tanzanie a pris une décision historique en déclarant que la législation régissant l’âge légal du mariage était une forme de discrimination envers les filles. La Cour a recommandé que la loi soit amendée et que l’âge légal du mariage soit relevé à 18 ans, et a introduit des peines plus sévères pour les hommes qui épouseraient ou mettraient des filles enceintes.
  • En décembre, le premier ministre du Liban a annoncé un projet de révision du Code pénal qui verrait disparaitre l’article 522. Cet article permet à l’auteur d’un viol d’échapper aux poursuites judiciaires en mariant sa victime.
  • Au Mexique, plusieurs états ont relevé l’âge légal du mariage à 18 ans, conformément à la législation fédérale. Ceux-ci comprennent : la ville de Mexico, et les états de Colima, Sinaloa, Zacatecas et Hidalgo.
  • Aux Etats-Unis, c’est la Virginie qui a relevé l’âge légal du mariage à 18 ans. Des projets de loi similaires ont été présentés au Maryland et à New York, tandis qu’une initiative au New Jersey a été approuvée par la chambre des députés et attend l’approbation du sénat.

5/ Nouveaux financements alloués spécifiquement aux organisations œuvrant à mettre fin au mariage des enfants au niveau local

  • L’organisation AmplifyChange a lancé une bourse dédiée aux organisations œuvrant à mettre fin au mariage des enfants au niveau local. Malgré le rôle crucial qu’elles jouent pour changer les mentalités, fournir des services et un soutien aux filles, ces organisations manquent toujours des fonds nécessaires pour mener à bien leurs projets sur le long terme.
  • Les gouvernements donateurs, tels le Canada, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, ainsi que l’Union européenne et les Etats-Unis, ont continué à financer des initiatives pour mettre fin au mariage des enfants.

Aller de l’avant : 2017 et après

Ensemble, nous avons accompli de grandes choses cette année. Il nous revient désormais de continuer sur cette lancée et de bâtir sur nos succès afin que :

  1. Les gouvernements soient tenus responsables de leurs engagements internationaux, régionaux et nationaux.
  2. Des politiques, des programmes et des plans d’action soient développés, mis en œuvre et financés.
  3. Le mouvement pour la fin du mariage des enfants continue à se développer et se renforcer.
  4. Les réussites soient célébrées et partagées.
  5. Les secteurs connexes intègrent le mariage des enfants à leurs propres objectifs.
  6. Les décideurs et les praticiens tirent des leçons des succès et des échecs.
  7. Davantage de fonds soutiennent les actions de prévention du mariage des enfants et de soutien aux filles déjà mariées.

Il nous reste un long chemin à parcourir pour que les 15 millions de filles mariées chaque année connaissent un meilleur avenir. Mais c’est en travaillant ensemble que nous atteindrons notre objectif : un monde dans lequel les filles peuvent être des filles, et non des épouses.