République démocratique du Congo : Tous unis contre le mariage des enfants !

Merveille Ntumba, 19, and Nathan Katende, 17, are young reporters in Kinshasa. Photo credit: UNICEF DRC / Gwenn Dubourthoumieu

En République démocratique du Congo (RDC), la situation des filles demeure préoccupante au regard des violences de toutes sortes dont les filles sont victimes. Malgré l’adoption de la Loi Portant Protection de l’Enfant en 2009, les filles sont encore victimes de violences basées sur le genre, y compris le mariage d’enfants.

Environ 43% des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans en République démocratique du Congo.

Le programme « Femmes et hommes, progressons ensemble » de l’UNICEF en RDC, mis en œuvre avec le soutien de l’Union Européenne et en partenariat avec l’agence de coopération internationale allemande pour le développement, vise à mettre fin aux inégalités de genre telles le mariage des enfants.

A travers le pays, des centaines d’individus se mobilisent pour la fin du mariage des enfants. Rencontrez ces champions!

Bernadette

Bernadette Kindumba, 55 ans, fonctionnaire au Ministère provincial du budget à Bandundu Ville, et animatrice communautaire pour l’association NDJF (Nouvelle Dynamique de la Jeunesse Féminine), travaille depuis 10 ans pour la fin du mariage des enfants. Crédit photo : UNICEF RDC / Gwenn Dubourthoumieu.

« Dans ma communauté, beaucoup de jeunes filles, parfois dès l’âge de 13 ans, se prostituent pour subvenir aux besoins de leur famille. Une fois enceintes, elles sont forcées de se marier et doivent abandonner leurs études. Mais nos filles doivent étudier le plus longtemps possible pour nous remplacer, pour acquérir une place dans la société, représenter les femmes et gouverner aux côtés des hommes. »

Godelive

Godelive, 40 ans, commissaire supérieure de la Police de Protection de l’Enfant et Prévention des Violences Sexuelles de la ville de Bandundu. Crédit photo : UNICEF RDC / Gwenn Dubourthoumieu.

« En tant que femme, je ne peux pas accepter que d’autres femmes soient dénigrées et abusées sexuellement. Une femme doit être honorée et garder sa dignité. Une fille mineure n’a pas le discernement et la maturité nécessaire pour accepter de se marier de son plein gré. Elle devient l’esclave de son mari, et ne peut plus s’épanouir ni physiquement ni intellectuellement. La banalisation du mariage précoce favorise l’analphabétisme de toute une génération de femmes. »

Janette et Mpwate

Janette Bibey, 48 ans, et son mari Mpwate Maskane, 60 ans, vivent dans le village de Bonkulu, à environ 30km de Bandundu Ville. Crédit photo : UNICEF RDC / Gwenn Dubourthoumieu.

« Malgré les critiques de nos voisins, qui ont presque tous marié leurs filles très jeunes, nous avons décidé d’annuler le mariage de notre fille cadette de 13 ans, et d’attendre ses 18 ans avant d’accepter de nouvelles sollicitations. Nous craignions pour sa santé. Ici, dans notre milieu, les grossesses précoces entraînent souvent des césariennes et des complications parfois mortelles. »

Dadu

Dadu Ekiom Wonemie, 34, est journaliste pour Télé 50 à Bandundu Ville. En 2015, il a été lauréat du prix Gender Links for Equality and Justice de l’Union Congolaise des Femmes des Média. Crédit photo : UNICEF RDC / Gwenn Dubourthoumieu.

« Pour une jeune fille, le mariage est un fardeau qui l’empêche de se développer. Dans notre province, entre les travaux domestiques, ceux des champs, et leurs devoirs conjugaux qui impliquent de très nombreuses grossesses, les femmes mariées jeunes n’ont aucun temps libre. Seule l’éducation permet de se libérer de ce fardeau. »

Anoy

La « Mfumu Nkento » (cheftaine) Anoy Ngolor du groupement de Bukuyi, dans le territoire de Bagata, à environ 130 km de Bandundu Ville, dans la province du Kwilu, s’est engagée pour l’égalité des genres et contre les mariages précoces dans sa juridiction. Crédit photo : UNICEF RDC / Gwenn Dubourthoumieu.

« Ici, beaucoup de jeunes filles meurent des suites d’un accouchement difficile. Leurs parents sont alors accusés de sorcellerie. Pourtant, la vérité est que le corps d’une fille de 13 ans ne peut que difficilement supporter une grossesse. J’en suis très mécontente et j’ai fait interdire les mariages précoces dans ma juridiction. J’ai aussi nommé des femmes, comme chef de localité ou comme adjointe, dans tous les groupements qui constituent mon territoire, afin de faire respecter cette mesure. »

Merveille et Nathan

Merveille Ntumba, 19 ans, et Nathan Katende, 17 ans, sont enfants reporters à Kinshasa.

« Ce n’est pas normal qu’un enfant doive prendre soin d’un autre enfant. À 15 ans, une fille est toujours un enfant ; ses parents doivent s’occuper d’elle, et non elle d’un autre enfant. »

Cet essai a d’abord été publié sur Ponabana. Il a été partiellement reproduit avec l’accord de l’UNICEF en RDC. Crédit photo : UNICEF RDC / Gwenn Dubourthoumieu.